Le Congo-Kinshasa :  »une prison à ciel ouvert ». Les amnésiques ont déjà oublié ! (Comprendre la famine du Kasaï)

Des compatriotes pleurent. Ils ont vu des images des enfants souffrant de la famine au Kasaï. Il y a une question qu’ils ne se posent pas :  »Pourquoi ces images et maintenant ? ». Il y a une autre question :  »Pourquoi plusieurs compatriotes se laissent-ils piéger par les images des médias dominants ? ». La famine sévit dans plusieurs foyers congolais depuis les années 1986. Les programmes d’ajustement structurels imposés au pays par le Fonds monétaire international ont produit le précariat au Congo-Kinshasa. En plus de la dictature imposée au pays par les forces extérieures, la guerre raciste et de basse intensité avait déjà commencé dans ce pays avant que les sous-fifres africains ne viennent l’intensifier afin de le transformer en  »prison à ciel ouvert ».

Bien avant que le Cardinal Monsengwo ne dise publiquement que  »le Congo est une prison à ciel ouvert », je publiais un article intitulé  »D’une prison à une autre » (http://www.ingeta.com/dune-prison-a-une-autre/). N’ayant pas la même audience que le Cardinal, cet article n’a pas connu le même écho que son affirmation. (Ce n’est pas pour rien qu’il est reconnu comme la quatrième personne la plus influente de l’Afrique!)

Cela étant, la question de savoir à quelles armes les sous-traitants des maîtres du monde recourent pour réaliser leurs objectifs majeurs demeure. Ces objectifs, les revoici : exterminer la matière grise congolaise, détruire la dignité congolaise, contrôler les cœurs et les esprits congolais ainsi que leur marché de matières premières stratégiques, exterminer les Congolais(es), etc. Pour exterminer les Congolais(es), balkaniser leur pays et éviter que ce pays ne puisse devenir un Etat souverain, plusieurs armes sont utilisées. L’arme de la faim en est une.

Dans presque toutes  »les prisons couvertes » du Congo-Kinshasa, les Congolais(es) meurent de faim. Hier, je lisais ce tweet : »Du scandale à la prison de KABARE où les prisonniers meurent de faim. Jusque quand allons-nous supporter une telle cruauté vis à vis de nos compatriotes ? Le respect de l’être humain n’a plus de sens en #RDC. Le peuple doit se réveiller et se soulever pour recouvrer sa dignité. » (PassyNsawela)

Le problème de plusieurs compatriotes est qu’ils oublient vite que la guerre raciste de prédation et de basse intensité des années 1990 se situe dans la droite ligne d’une guerre perpétuelle menée contre le Congo-Kinshasa et l’Afrique depuis plus de cinq siècles. Ils oublient que les images du Kasaï mises en exergue servent une cause : présenter la famine comme  »une génération spontanée » et  »les organismes humanitaires », ONGs financées (souvent) par les pyromanes de  »la maison Congo », comme étant des  »pompiers ». Ce faisant,  »ces organismes d’aide humanitaires » vont profiter de cette situation de fragilité orchestrée par  »leurs maîtres » pour endetter le pays en se présentant sous la peau de  »libérateurs » ou des  »philanthropes ». C’est de la poudre aux yeux !

Comprendre ceci n’est pas facile. Un effort préalable est indispensable : comprendre à quoi sert la propagande ahistorique des médias mainstream. Ce n’est pas un exercice aisé. Il exige un grand investissement en lectures et en la protection de la mémoire collective. Les amnésiques n’y peuvent rien. Ils ne peuvent que pleurer en croyant que  »la famine au Kasaï est une génération spontanée ».

Non. Elle est l’une des armes de destruction massive utilisée par les anglo-saxons et leurs alliés dans la guerre raciste qu’ils mènent au Congo-Kinshasa depuis la nuit des temps. Cela, avec la complicité des compradores congolais. Bien sûr !

Babanya Kabudi

Génération Lumumba 1961

 

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