Nouveau complot contre le peuple congolais !

Le Phare
A en croire un tweet de Sonia Rolley de RFI (Radio France
Internationale), une nouvelle rébellion est en gestation contre le
pouvoir en place au Rwanda. Celle-ci aurait pour porte-étendard le
MRCR (Mouvement Rwandais pour le Changement Démocratique), lequel
serait le fruit d’une alliance entre le PDR de Paul Rusesabagina, qui
en serait le président, le CNRD de Wilson Irategeka (1er
vice-président) et le RRM de Callixte Sankara (2me vice-président).
Apparemment, l’objectif de ces opposants rwandais serait de chasser
Paul Kagame du pouvoir par la mise en place d’une branche armée
dénommée FLN (Forces pour la Libération Nationale). La guerre de
libération du Rwanda que ces rebelles comptent mener connaîtrait la
participation des représentants des trois ethnies qui peuplent ce
pays, à savoir les Hutu, les Tutsi et les Twa.

A en croire les animateurs du MRCD, leur « armée de libération » se
serait déjà signalée, ces dernières semaines, par des « frappes
chirurgicales » contre l’armée régulière rwandaise dans les localités
de Cyangungu, Nyamagabe, Nyaruguru, Bugesera et Huye.

Un écran de fumée pour brouiller les élections

A première vue, une campagne de déstabilisation du régime en place au
Rwanda, que d’aucuns considèrent comme le principal allié de Kinshasa,
parait comme une bonne nouvelle pour le changement démocratique au
sommet de l’Etat espéré pour décembre 2018.
Mais lorsqu’on tourne et retourne le dossier, on ne peut que
s’inquiéter de l’annonce de la naissance d’un nouveau mouvement
rebelle rwandais. Car, au plan géostratégique, une telle rébellion ne
peut espérer mettre réellement en difficulté l’armée rwandaise qu’en
ayant comme base arrière la partie Est de la République Démocratique
du Congo.
Connaissant le sens d’anticipation des hommes au pouvoir à Kigali, il
est sûr et certain qu’à la moindre infiltration armée ayant pour rampe
de lancement le territoire congolais, on assisterait à une riposte
n’ayant d’autre visée qu’un nouveau safari militaire sur les terres du
Grand Kivu, comme en 1996 (AFDL), 1998 (RCD/Goma), 2006 (CNDP), 2009
(M23) et 2012 (M23).
Pour nombre d’analystes politiques avisés, le MRCD ne serait qu’une
substitution des FDLR pour permettre au Rwanda d’agresser pour la
nième fois la RDC, sous prétexte du droit de poursuite contre un
mouvement rebelle qu’auraient accepté d’héberger les autorités
congolaises.
Quant à ces dernières, pour donner l’impression de ne pas cautionner
une nouvelle invasion du pays par des forces étrangères, elles
devraient mettre les FARDC sur pied de guerre pour bouter hors du
territoire national les « ennemis » de la paix et de la stabilité des
institutions républicaines.
En réalité, si la guerre s’installe à l’Est, du fait de la double
présence des combattants du MRCD et des troupes régulières rwandaises,
le peuple congolais devrait purement et simplement mettre une croix
sur les élections présidentielle, législatives nationales et
provinciales attendues pour le 23 décembre 2018.

Adieu les élections

Le « plan B » ou « C » tant évoqué au sujet des stratégies mises en
place par les ennemis de la démocratie pour renvoyer les élections aux
calendes grecques commence à livrer ses secrets. A défaut de
tripatouiller la Constitution par l’organisation d’un référendum ou de
bloquer la CENI par la fermeture du robinet des finances ou encore
d’obtenir un report technique à travers la complication des opérations
de réception et traitement des candidatures, une nouvelle guerre
d’agression du pays par le Rwanda pourrait mettre tout le monde
d’accord sur le cas de force majeure pour renvoyer les élections à
plus tard. L’écran de fumée est ainsi placé devant des millions de
Congolaises et Congolais pour leur démontrer qu’il n’est pas possible
de les amener aux urnes dans un environnement d’insécurité totale à
l’Est. Dans une zone où pullulent des dizaines de milices affairistes,
dont les produits des rackets miniers, douaniers et autres sont
écoulés publiquement dans les Etats voisins (Ouganda, Rwanda,
Burundi), la pilule à faire avaler à ceux qui rêvent de l’alternance
au pouvoir à la fin de cette année risque d’être fort amère.
Le coup monté contre le peuple congolais pour l’empêcher de faire le
choix de ses futurs gouvernants dans les urnes mérite d’être
sérieusement scruté pour que des millions de patriotes ne soient pas
mis devant le fait accompli dans d’ici décembre 2018. Le devoir de
vigilance s’impose à tous face à la mise en œuvre du fameux Mouvement
Rwandais pour le Changement Démocratique.
Kimp

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