RDC : Nouvel appel contre la haine tribale et la discrimination après les élections

Un des panneaux au meeting de la coalition Lamuka à la place St Thérèse à N'djili.
Un des panneaux au meeting de la coalition Lamuka à la place St Thérèse à N’djili.

Regroupés au sein du consortium « Gouvernance et dignité pour tous », dix organisations de la société civile dont l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (Acaj), ont condamné, le vendredi 8 janvier 2019,  les multiples appels à la haine tribale, tout en appelant les partis politiques à éduquer leurs militants.

Ces organisations introduisent leur déclaration commune par un constat malheureux : « Il se remarque au niveau interne une montée de violence caractérisée par les attaques physiques, les injures, les campagnes de dénigrement, l’incitation à la haine, l’exploitation abusive des réseaux sociaux« .

Des maux qui conduisent à un climat « délétère et des clivages à base éthique et tribale de plusieurs régions du territoire national », notent-elles.

“Aux dirigeants de tous les partis politiques, toutes tendances confondues, de par leurs positions et influences respectives de condamner la montée de la haine, des actes et violences à caractère tribal, d’intolérance politique de d’incitation à de tels actes, d’éduquer leurs membres et leurs militants à la culture de la paix, à la non-violence et à des revendications pacifiques… », soulignent-elles dans leur message lu devant la presse par Jonas Tshiombela, porte-parole du consortium.

Voulant prévenir la violence et éviter que le pays plonge dans une crise profonde, ces organisations appellent  “toutes les citoyennes et tous les citoyens congolais de rejeter ces appels à la haine et à la violence et de poursuivre les efforts communs pour la construction de la paix, de la démocratie, de l’État de droit et du développement socio-économique en RDC ».

Au procureur général de la République, elles demandent de se saisir d’office de toute personne qui se rendrait « coupable, complice ou instigateur » des actes de haine tribale ou de violence.

Des appels à la haine tribale ont été entendus, le samedi 2 février, lors du meeting de l’opposant Martin Fayulu, à la place Sainte-Thérèse, dans la commune de Ndjili.

Lors de ce meeting en présence de plusieurs milliers de personnes, des individus ont chanté des slogans hostiles à l’encontre de la communauté d’origine (Luba) du nouveau président de la République, Félix Tshisekedi.

« Muluba zua ye boma ye » (Muluba, prends-le et tue-le), ont crié ces individus aux lieux du meeting, selon des videos amateurs et authentiques qui ont circulé sur les réseaux sociaux.

La coalition Lamuka, formée autour de Fayulu, avait dénoncé ces appels à la « haine tribale » lancés, selon elle,  par des « inconnus » en marge de son meeting.

Christine Tshibuyi

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