Pré-dialogue : ce qui a bloqué réellement

Pré-dialogue : ce qui a bloqué réellement

On en sait un peu plus sur les pourparlers entrepris dans deux villes européennes entre la délégation de Kabila et celle de Tshisekedi. Le président de l’UDPS a déjoué bel et bien le piège qui lui était tendu. Les délégués du pouvoir en place tenaient à l’entraîner dans une démarche non loin d’un glissement qu’ils chérissent tant, dans le but d’obtenir un autre bail en dehors de la Constitution en vigueur. Le lider maximo de la RDC, en animal politique averti, a compris le vilain jeu et a réagi en date du 13 Septembre, en prenant acte de l’échec des entretiens de Venise en Italie et d’Ibiza en Espagne, à travers un communiqué officiel au bas duquel se trouve sa signature.

D’après les informations obtenues de très bonne source, les délégués de la Majorité présidentielle ont fait tramer les entretiens en longueur à Venise, où ils laissaient l’impression d’être d’accord avec l’objectif affiché par l’UDPS, celui de définir les contours du dialogue et d’en préciser le format, la thématique et de régler tous les problèmes liés à l’organisation d’un dialogue devant se dérouler à Kinshasa entre les acteurs politiques congolais, sous la facilitation de la communauté internationale. Ces délégués de l’autorité morale de la MP avaient en réalité d’autres visées ; car, alors que les options fondamentales du dialogue n’étaient pas encore définies de commun accord, ils exigeaient au préalable une rencontre au sommet entre Joseph Kabila Kabange et Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Estimant hasardeux de répondre par l’affirmatif, la délégation de l’UDPS, conduite par Me Jean Joseph Mukendi wa Mulumba, a préféré se référer à la hiérarchie. Ce, après une semaine passée dans cette ville italienne.

C’est à l’étape d’Ibiza en Espagne que les choses se sont gâtées, quand les émissaires de Kabila ont dévoilé leur véritable schéma en proposant la participation de l’UDPS au gouvernement avant la tenue des élections générales. Les délégations venues en Espagne le dimanche 7 septembre n’ont mis que trois jours de tractations, soit de lundi à mercredi. Voyant les délégués de Tshisekedi moins emballés par la proposition, les Kabilistes décident de suspendre les pourparlers en vue d’en référer à leur tour à leur chef.

Informé de la situation par ses émissaires de retour d’Espagne, Etienne Tshisekedi lance, à partir de Bruxelles, un appel solennel à toutes les forces politiques et sociales acquises au changement de s’unir à lui pour poursuivre les objectifs recherchés au travers du dialogue, à savoir l’organisation d’un processus électoral crédible et dars un climat apaisé, l’élaboration d’un calendrier consensuel tenant compte des délais constitutionnels et enfin le transfert pacifique du pouvoir dans le respect de l’expression de la population. Le président de l’UDPS reconnaît avoir pris cette décision pour ne pas mettre en péril les acquis de ses longues années de lutte pour le changement démocratique et au regard de l’importance des enjeux pour la nation.

La paix des braves s’avère indispensable avant la tenue des élections. La reprise des contacts est donc d’une importance capitale pour bien défricher le terrain en vue des concertations harmonieuses pour l’intérêt de tous. Cette séquence ressemble un peu à ta visite de Tshisekedi à Mobutu en convalescence en France. Les thuriféraires de l’époque qui avaient empêché la réconciliation se retrouvent aujourd’hui en exil où, d’aucuns continuent à pérorer sans être suivis. A Joseph Kabila de tirer toutes les conséquences qui s’imposent au lieu d’être pris en otage par les gens qui ne voient que leurs propres intérêts. Déjà au niveau de sa famille politique, une analyse sérieuse lui a été faite. Des problèmes posés attendent des solutions même si des mesures staliniennes ont été prises contre les signataires responsables de cette correspondance.

Par KERK

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