La mission de l’ONU en RDC reconduite pour un an: mais à quoi sert-elle ?  

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Des casques bleus de la MONUSCO.
Des casques bleus de la MONUSCO. – © EDUARDO SOTERAS – AFP

Le mandat de la Monusco, la Mission des Nations-Unies en République démocratique du Congo, la plus grande et la plus coûteuse au monde, est reconduit d’un an. Le Conseil de sécurité des Nations-Unies a adopté à l’unanimité une résolution qui était proposée par la France.

Le texte met l’accent sur deux priorités, la bonne tenue des élections (à la fois présidentielle, législatives et régionales), prévues le 23 décembre prochain, et la protection des civils.

Le rôle des Casques bleus va être renforcé. Ils devront apporter un soutien logistique et une assistance technique à l’organisation des différents scrutins Et ce, jusqu’au transfert de pouvoir. Théoriquement, le 12 janvier 2019.

Quant à l’effectif, il reste inchangé, un peu plus de 16 000 casques bleus.

En réalité, cette résolution dit à peu près la même chose que le texte de l’an dernier. Les élections devaient avoir lieu en décembre 2017, mais elles ont été reportées par les autorités congolaises, officiellement en raison des violences dans le Kasaï.

Or, aujourd’hui, on constate un regain de violences, à la fois dans le Kivu, dans l’Ituri, où régulièrement, des civils sont massacrés.

Comment expliquer l’impuissance de la Monusco à établir la paix, après 19 ans de présence dans le pays ?

La mission de la Monusco n’est pas de résoudre les conflits. C’est le rôle du chef de l’Etat et des diplomates. Les casques bleus doivent empêcher, autant que possible, l’agression des milices armées, à l’encontre des civils.  » Et cette mission est difficile pour plusieurs raisons « , explique Michel Liegeois, professeur des relations internationales à l’UCL,  » des raisons liées aux terrains qui ne se prêtent pas à des activités militaires de grande ampleur. Le relief, la couverture végétale, les mauvaises conditions de transport… Tout ça rend difficile l’intervention rapide, d’un endroit à l’autre. Et on ne peut pas placer un contingent de soldat dans chaque village. Deuxième problème, le mandat a tardé à s’adapter, à disposer de forces robustes, de moyens de transports comme des hélicoptères… Progressivement ces moyens ont été donnés mais pendant longtemps, ils ont fait défaut. Et puis il y a la réticence politique de certains fournisseurs de contingents à faire prendre des risques à leur soldats. La combinaison de tous ces éléments fait que les résultats atteints sont en dessous des espérances « .

Le Président Joseph Kabila se montre très critique à l’égard de la Monusco. Il veut réduire le nombre de casques bleu, en vue de leur départ. Est-ce pour ces raisons d’efficacité limitées ou par intérêt personnel ?

Il y a deux raisons à cela, selon Michel Liegeois.  » Il y a d’abord une posture d’opportunité. En critiquant cette force et en souhaitant son départ, le chef de l’État surf sur l’opinion publique. Ensuite, il y a la posture conjoncturelle. La présence des casques bleus et des Nations-Unies dans le pays, sont autant de témoins et de possibilités de rendre compte des dérives du régime, en matière des droits humains, des répressions de l’opposition, etc. « .

Le pays a plus intérêt à maintenir la présence de la Monusco. Sans elle, la situation serait bien plus grave.

Mais de fait, en raison de l’efficacité limitée de la Monusco, le nombre de casques bleus est constamment débattu par les bailleurs de fonds. La France, par exemple, se montre favorable à une augmentation des effectifs, tandis que les États-Unis et la Grande-Bretagne veulent au contraire les réduire.

1 Comments

  1. ils savent que le congolais ne prend pas ou n’a pas du temps pour lire et relire les résolutions du fameux conseil de sécurité. en fait, toutes répètent les mêmes choses. la mission de l’onu en RDC est autre que tout ce qui est avancé dans les résolutions.
    heureusement la minorité avertie connait et comprend le jeu et elle est presque à quelques pas de la victoire

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